2009
11.03

Née en 1986 à Manosque dans les Alpes-de-Haute-Provence, Hafsia Herzi, obtient à 13 ans un petit rôle dans Notes sur le rire, un téléfilm pour France 3. Après quelques rôles de figuration, elle n’est pas retenue, chance pour elle comme pour nous, dans des essais pour les séries Plus belle la vie et Sous le soleil. En 2005, l’actrice Française décroche un rôle pour La Graine et le Mulet d’Abdellatif Kechiche qui lui vaut un prix d’interprétation à Venise et un César du meilleur espoir féminin.

Dowaha secret

Comment s’est passée votre rencontre avec la réalisatrice Raja Amari et comment avez-vous travaillez ensemble ?

Raja m’avait repéré dans La Graine et le Mulet. Elle m’a envoyé une version du scénario. Nous nous sommes rencontrées. Le courant est passé. Nous avons décidé de collaborer ensemble. Tout simplement. Nous avons ensuite fait des lectures….

(Je la coupe)…Et comment avez-vous appréhendé votre personnage d’Aicha ? Etait-il déjà très écrit dans le scripte ?

Oui. L’essentiel y était déjà. J’avais une idée précise de son passé, ses souffrances, ses frustrations mais aussi ses problèmes mentaux. Le rôle était compliqué, j’ai aussi apporté ma touche personnelle mais j’ai surtout voulu faire confiance à 100% au regard de la réalisatrice sur son histoire et ses personnages.

L’approche de la direction d’acteurs (en l’occurrence ici d’actrices, elles sont quatre à l’écran), de Raja Amari, était-elle différente de celle d’un Abdellatif Kechiche avec qui vous avez collaboré et dont la réputation est d’être un réalisateur dur et très exigent ?

Pour Abdellatif, c’est une fausse rumeur. C’est juste un grand professionnel qui sait ce qu’il veut. De plus, l’ambiance sur le tournage de La Graine et le Mulet m’a laissé un très bon souvenir. Une expérience incroyable. C’était le cas aussi sur celui de Raja.

Justement qu’elle genre d’ambiance peut bien régner sur un tournage comme celui de Les Secrets où une grande partie des scènes se passe entre quatre murs dans un décor naturel exigües et que l’atmosphère doit retranscrire une histoire lourde au passé traumatisant ? (C’est donc ma question Secret Story)

Il y avait une grande complicité avec mes partenaires et je me souviens d’une ambiance très détendue où l’on riait beaucoup entre les prises. Sans doute pour évacuer la pression. Excepté 2 ou 3 extérieurs, tout se passe en partie entre dans une grande maison ancienne que nous avions investi quelques jours avant pour des répétitions, histoire de s’imprégner des lieux.

Ça doit être dur de jouer l’isolement, l’abandon, la frustration, la folie, la promiscuité. Rien que tout ça à la fois, alors que 15 techniciens et assistants vous entourent et qu’une douillette caravane climatisée vous attend entre chaque prise ?

(Rire). Et bien, c’est mon travail. Et j’étais entourée de grandes comédiennes très professionnelles. C’est ce qui m’a marqué en tournant là-bas, l’incroyable professionnalisme dans le milieu du cinéma tunisien.

Et l’accueil du public, alors ?

Le film a été sélectionné à la dernière Mostra de Venise. Le film a reçu un super accueil. Dans quelques semaines nous allons présenter le film en Tunisie.

Quels sont vos prochains projets ?

Je viens de terminer un film et je prépare aussi mon premier court-métrage comme réalisatrice. J’y jouerai également. Ce sera une comédie.

Etes-vous déjà venue en Suisse ? (L’interview par téléphone a lieu quelques jours avant sa venue au festival)

 Non.

Et bien parce que… (Là, je me dis : si elle arrive de la France par le train, elle va tomber à la gare de Genève sur ce à quoi je pense. Allez vérifier, c’est à quelques mètres de la douane Suisse/France sur deux panneaux publicitaires roulants)…lorsque vous arriverez à Genève, ne prenez pas peur si jamais vous tombez sur quelques détails qui attirent l’œil. Comme sur une affiche anti-minarets par exemple, ce genre de chose là. C’est de l’humour. Les politiques ont beaucoup d’humour ici à Genève. La Suisse est un pays très ouvert et tolérant, n’ayez soucis Madame Herzi !

(Eclats de rires). Ok, c’est noté. Merci de m’avoir prévenu. Mais je connais un peu la Suisse parce que j’y ai quelques amis là-bas et je sais que tout le monde est très sympa donc je ne fais pas de soucis du tout.

Interview par David Nicolas Parel

Aucun commentaire.

Ajoutez votre commentaire